


Adoptées dès 1908 par la « Boys Branch » de la « Young Men Christian Association » (Y.M.C.A) de Birkenhead près de Liverpool, la méthode éducative de Baden Powell est introduite en France par Samuel Williamson, chef du mouvement cadet (Union cadette) des Unions Chrétienne de Jeunes Gens (U.C.J.G.). C’est à l’exemple de ces associations sœurs que sont tentées en Suisse romande les premières expériences de scoutisme, notamment à Lausanne par les « Jeunes Abstinents » et à Genève par le "Jeunesse Club" créé en 1907. Louis Blondel, futur chef suisse de 1934 à 1946, y dirige la section cadette et applique les principes de BP découverts dans son livre « Scouting for boys ». En août 1911, un premier camp est organisé au Grand-Lancy par l’organisation « La Passerelle ».
Rapidement, les faisceaux romands des U.C.J.G comprennent tout le parti qui pourrait être tiré du scoutisme. Le 11 février 1912, réunis en assemblée à Neuchâtel, leurs délégués décident d’introduire les principes éducatifs de B.P. dans leurs activités. Aussitôt cette décision éveilla l’intérêt de personnalités venant de plusieurs horizons. Le 18 mars 1912, à Genève, les représentants du « Jeunesse-Club », M. Geisendorf, représentant des U.C.G.J. et quelques personnes dont Maurice Vautier, professeur de langue à l’Ecole Nouvelle de Chailly/Lsne et seul Vaudois présent, constituèrent un comité provisoire visant à grouper toutes les associations s’intéressant à ces idées nouvelles.
Une commission d’étude et d’action est constituée ayant pour rapporteur, M. Samuel Jeanneret, agent romand des Unions cadettes. En moins de quinze jours, un accord est trouvé concernant les conditions d’admission, la loi, la devise, les examens d’aptitude et l’équipement de l’éclaireur. Un insigne est choisi : sur fond flammé rouge et blanc, une arbalète tendue posée debout sur une croix blanche alésée et portant à son pied la devise « toujours prêt ». Puis l’on s’attaqua aux statuts du futur Comité romand des Eclaireurs qui voit le jour le 1er avril 1912, présidé par le major William Borel. Ce comité deviendra en 1913, grâce à l’extension de la méthode scoute à l’ensemble de la Suisse, la Fédération des Eclaireurs suisses dont le premier président sera Walther de Bonstetten de Berne.
Tout restait à créer. Même pour les cadets, les activités en pleine nature où l’on apprend à se débrouiller] sont une découverte. La Loi et la Promesse nouvellement adoptée restent à pratiquer. Une fois « Scouting for boys » lu, il n’existe encore ni méthodologie, mis à part quelques articles parvenus d’Angleterre ou de France, ni matériel adaptés au scoutisme. En mai 1912 est organisé, sous la direction de L. Blondel, le premier cours de formation pour les futurs « instructeurs-éclaireurs », tandis qu’en juillet de la même année un cours analogue organisé au Sentier s’adressait aux responsables issus des Unions cadettes. Ces premiers cours de formation ainsi que la création de comités locaux permettent un essor rapide et plutôt homogène.